Sólon! Sólon! Sólon!
«O homem rico está mais em posição de contentar os
seus desejos e de suportar grandes perdas; mas, se o outro não pode sustentar
grandes perdas nem satisfazer os seus desejos, a sua boa sorte põe-no a coberto
de ambos, e nisso leva a melhor sobre o rico. De resto, tem o uso de todos os
seus membros, goza de boa saúde, não sofre nenhuma desgraça, é belo e feliz nos
filhos. Se a todas estas vantagens ajuntardes a de uma bela morte, é este o
homem que procurais, é ele que merece ser chamado feliz. Mas, antes da sua
morte, suspendei o vosso juízo, não lhe deis este nome; dizei apenas que é
afortunado. É impossível que um homem reúna todas estas vantagens, como não há
terra que se baste e que tenha em si todos os bens: porque, se uma terra tem
alguns, é privada de outros; a melhor é a que mais possui. É o mesmo com o
homem: não há um que se baste a si mesmo: se tem algumas vantagens, faltam-lhe
outras. Aquele que reúne um maior número delas, que as conserva até ao fim dos
seus dias, e sai em seguida tranquilamente desta vida; esse, senhor, merece, em
minha opinião, ser chamado feliz. É preciso ter em consideração o fim de todas
as coisas, e ver como será o resultado; pois acontece que Deus, após ter feito
entrever a felicidade a alguns homens, frequentemente a destrói de maneira
radical.» [Daqui. Histórias, I, 32.]
[«Deus». No original grego, «o deus» (ὁ θεὸς), no quadro de politeísmo, presidido por Zeus. Aqui, o
deus é Apolo, consultado no famoso oráculo de Delfos.]
Em a terra e a gente se publica um texto
sobre «o bem acabar» de Sólon, como nos foi transmitido por Heródoto, de cujas Histórias aqui ficam algumas páginas. Ver, no final, a tradução de Histórias, I, LXXXVI e LXXXVII.
***
remacle.org/bloodwolf/historiens/herodote/clio.htm
www.sacred-texts.com/cla/hh/hh1000.htm
Solon devant Crésus : la belle mort
Hérodote
Né dans la région de Halicarnasse (aujourd'hui Bodrum, Turquie), habitée par les Grecs et dominée par les Perses, vers 484 avant notre ère et décédé à Thourioi (Thurium sur le Golfe de Tarente) vers 425, Hérodote est considéré depuis Cicéron comme le «Père de l'histoire». Le mot grec historia signifie «recherche, exploration» et est traduit en français par «histoire (s)» ou «enquête». L'Histoire ou L'Enquête d'Hérodote est la seule oeuvre de cet auteur, un grand récit non pas épique, mais historique, resté inachevé, qu'il entrepris après plusieurs voyages et un long séjour à Athènes. L'histoire qui suit est le récit du sage Solon, reçu à la cour de Crésus et témoin des richesses de ce dernier. À Crésus qui lui demande «quel est l'homme le plus heureux que vous ayez connu?», il lui répond: l'homme qui connaît une «belle mort» est l'homme que vous cherchez. Les biens sur cette terre sont aussi éphémères que la vie elle-même. Le critère ultime d'une vie heureuse, c'est la qualité de la mort qu'elle soit glorieuse au combat ou sereine après une longue vie.
XXX. Solon étant donc sorti d'Athènes par ce motif, et pour s'instruire des coutumes des peuples étrangers, alla d'abord en Égypte, à la cour d'Amasis, et de là à Sardes, à celle de Crésus, qui le reçut avec distinction et le logea dans son palais. Trois ou quatre jours après son arrivée, il fut conduit par ordre du prince dans les trésors, dont on lui montra toutes les richesses. Quand Solon les eut vues et suffisamment considérées, le roi lui parla en ces termes : « Le bruit de votre sagesse et de vos voyages est venu jusqu'à nous, et je n'ignore point qu'en parcourant tant de pays vous n'avez eu d'autre but que de vous instruire de leurs lois et de leurs usages, et de perfectionner vos connaissances. Je désire savoir quel est l'homme le plus heureux que vous ayez vu.» Il lui faisait cette question, parce qu'il se croyait lui-même le plus heureux de tous les hommes. «C'est Tellus d'Athènes» lui dit Solon sans le flatter, et sans lui déguiser la vérité. Crésus, étonné de cette réponse : «Sur quoi donc, lui demanda-t-il avec vivacité, estimez-vous Tellus si heureux ? - Parce qu'il a vécu dans une ville florissante, reprit Solon, qu'il a eu des enfants beaux et vertueux, que chacun d'eux lui a donné des petits-fils qui tous lui ont survécu, et qu'enfin, après avoir joui d'une fortune considérable relativement à celles de notre pays, il a terminé ses jours d'une manière éclatante : car, dans un combat des Athéniens contre leurs voisins à Éleusis, il secourut les premiers, mit en fuite les ennemis, et mourut glorieusement. Les Athéniens lui érigèrent un monument aux frais du public dans l'endroit même où il était tombé mort, et lui rendirent de grands honneurs.»
XXXI. Tout ce que Solon venait de dire sur la félicité de Tellus excita Crésus à lui demander quel était celui qu'il estimait après cet Athénien le plus heureux des hommes, ne doutant point que la seconde place ne lui appartînt. « Cléobis et Biton, répondit Solon : ils étaient Argiens, et jouissaient d'un bien honnête ; ils étaient outre cela si forts, qu'ils avaient tous deux également remporté des prix aux jeux publics. On raconte d'eux aussi le trait suivant. Les Argiens célébraient une fête en l'honneur de Junon. Il fallait absolument que leur mère se rendît au temple sur un char traîné par un couple de boeufs. Comme le temps de la cérémonie pressait, et qu'il ne permettait pas à ces jeunes gens d'aller chercher leurs boeufs, qui n'étaient point encore revenus des champs, ils se mirent eux-mêmes sous le joug ; et tirant le char sur lequel leur mère était montée, ils le conduisirent ainsi quarante-cinq stades jusqu'au temple de la déesse. Après cette action, dont tonte l'assemblée fut témoin, ils terminèrent leurs jours de la manière la plus heureuse, et la divinité fit voir par cet événement qu'il est plus avantageux à l'homme de mourir que de vivre. Les Argiens assemblés autour de ces deux jeunes gens louaient leur bon naturel, et les Argiennes félicitaient la prêtresse d'avoir de tels enfants. Celle-ci, comblée de joie et de l'action et des louanges qu'on lui donnait, debout aux pieds de la statue, pria la déesse d'accorder à ses deux fils Cléobis et Biton le plus grand bonheur que pût obtenir un mortel. Cette prière finie, après le sacrifice et le festin ordinaire dans ces sortes de fêtes, les deux jeunes gens, s'étant endormis dans le temple même, ne se réveillèrent plus, et terminèrent ainsi leur vie. Les Argiens, les regardant comme deux personnages distingués, firent faire leur statue, et les envoyèrent au temple de Delphes (17). »
XXXII. Solon accordait par ce discours le second rang à Cléobis et Biton. « Athénien, répliqua Crésus en colère, faites-vous donc si peu de cas de ma félicité que vous me jugiez indigne d'être comparé avec des hommes privés ? - Seigneur, reprit Solon, vous me demandez ce que je pense de la vie humaine : ai-je donc pu vous répondre autrement, moi qui sais que la Divinité est jalouse du bonheur des humains, et qu'elle se plaît à le troubler ? car dans une longue carrière on voit et l'on souffre bien des choses fâcheuses. Je donne à un homme soixante-dix ans pour le plus long terme de sa vie. Ces soixante-dix ans font vingt-cinq mille deux cents jours, en omettant les mois intercalaires ; mais, si chaque sixième année on ajoute un mois, afin que les saisons se retrouvent précisément au temps où elles doivent arriver, dans les soixante-dix ans vous aurez douze mois intercalaires, moins la troisième partie d'un mois, qui feront trois cent cinquante jours, lesquels, ajoutés à vingt-cinq mille deux cents, donneront vingt-cinq mille cinq cent cinquante jours. Or de ces vingt-cinq mille cinq cent cinquante jours, qui font soixante-dix ans, vous n'en trouverez pas un qui amène un événement absolument semblable. Il faut donc en convenir, seigneur, l'homme n'est que vicissitude. Vous avez certainement des richesses considérables, et vous régnez sur un peuple nombreux ; mais je ne puis répondre à votre question que je ne sache si vous avez fini vos jours dans la prospérité ; car l'homme comblé de richesses n'est pas plus heureux que celui qui n'a que le simple nécessaire, à moins que la fortune ne l'accompagne, et que, jouissant de toutes sortes de biens, il ne termine heureusement sa carrière. Rien de plus commun que le malheur dans l'opulence, et le bonheur dans la médiocrité. Un homme puissamment riche, mais malheureux, n'a que deux avantages sur celui qui a du bonheur ; mais celui-ci en a un grand nombre sur le riche malheureux.
L'homme riche est plus en état de contenter ses désirs et de supporter de grandes pertes ; mais, si l'autre ne peut soutenir de grandes pertes ni satisfaire ses désirs, son bonheur le met à couvert des uns et des autres, et en cela il l'emporte sur le riche. D'ailleurs il a l'usage de tous ses membres, il jouit d'une bonne santé, il n'éprouve aucun malheur, il est beau, et heureux en enfants. Si à tous ces avantages vous ajoutez celui d'une belle mort, c'est cet homme-là que vous cherchez, c'est lui qui mérite d'être appelé heureux. Mais, avant sa mort, suspendez votre jugement, ne lui donnez point ce nom ; dites seulement qu'il est fortuné. Il est impossible qu'un homme réunisse tous ces avantages, de même qu'il n'y a point de pays qui se suffise, et qui renferme tous les biens : car, si un pays en a quelques-uns, il est privé de quelques autres ; le meilleur est celui qui en a le plus. Il en est ainsi de l'homme : il n'y en a pas un qui se suffise à lui-même : s'il possède quelques avantages, d'autres lui manquent. Celui qui en réunit un plus grand nombre, qui les conserve jusqu'à la fin de ses jours, et sort ensuite tranquillement de cette vie ; celui-là, seigneur, mérite, à mon avis, d'être appelé heureux. Il faut considérer la fin de toutes choses, et voir quelle en sera l'issue ; car il arrive que Dieu, après avoir fait entrevoir la félicité à quelques hommes, la détruit souvent radicalement.»
XXXI. Tout ce que Solon venait de dire sur la félicité de Tellus excita Crésus à lui demander quel était celui qu'il estimait après cet Athénien le plus heureux des hommes, ne doutant point que la seconde place ne lui appartînt. « Cléobis et Biton, répondit Solon : ils étaient Argiens, et jouissaient d'un bien honnête ; ils étaient outre cela si forts, qu'ils avaient tous deux également remporté des prix aux jeux publics. On raconte d'eux aussi le trait suivant. Les Argiens célébraient une fête en l'honneur de Junon. Il fallait absolument que leur mère se rendît au temple sur un char traîné par un couple de boeufs. Comme le temps de la cérémonie pressait, et qu'il ne permettait pas à ces jeunes gens d'aller chercher leurs boeufs, qui n'étaient point encore revenus des champs, ils se mirent eux-mêmes sous le joug ; et tirant le char sur lequel leur mère était montée, ils le conduisirent ainsi quarante-cinq stades jusqu'au temple de la déesse. Après cette action, dont tonte l'assemblée fut témoin, ils terminèrent leurs jours de la manière la plus heureuse, et la divinité fit voir par cet événement qu'il est plus avantageux à l'homme de mourir que de vivre. Les Argiens assemblés autour de ces deux jeunes gens louaient leur bon naturel, et les Argiennes félicitaient la prêtresse d'avoir de tels enfants. Celle-ci, comblée de joie et de l'action et des louanges qu'on lui donnait, debout aux pieds de la statue, pria la déesse d'accorder à ses deux fils Cléobis et Biton le plus grand bonheur que pût obtenir un mortel. Cette prière finie, après le sacrifice et le festin ordinaire dans ces sortes de fêtes, les deux jeunes gens, s'étant endormis dans le temple même, ne se réveillèrent plus, et terminèrent ainsi leur vie. Les Argiens, les regardant comme deux personnages distingués, firent faire leur statue, et les envoyèrent au temple de Delphes (17). »
XXXII. Solon accordait par ce discours le second rang à Cléobis et Biton. « Athénien, répliqua Crésus en colère, faites-vous donc si peu de cas de ma félicité que vous me jugiez indigne d'être comparé avec des hommes privés ? - Seigneur, reprit Solon, vous me demandez ce que je pense de la vie humaine : ai-je donc pu vous répondre autrement, moi qui sais que la Divinité est jalouse du bonheur des humains, et qu'elle se plaît à le troubler ? car dans une longue carrière on voit et l'on souffre bien des choses fâcheuses. Je donne à un homme soixante-dix ans pour le plus long terme de sa vie. Ces soixante-dix ans font vingt-cinq mille deux cents jours, en omettant les mois intercalaires ; mais, si chaque sixième année on ajoute un mois, afin que les saisons se retrouvent précisément au temps où elles doivent arriver, dans les soixante-dix ans vous aurez douze mois intercalaires, moins la troisième partie d'un mois, qui feront trois cent cinquante jours, lesquels, ajoutés à vingt-cinq mille deux cents, donneront vingt-cinq mille cinq cent cinquante jours. Or de ces vingt-cinq mille cinq cent cinquante jours, qui font soixante-dix ans, vous n'en trouverez pas un qui amène un événement absolument semblable. Il faut donc en convenir, seigneur, l'homme n'est que vicissitude. Vous avez certainement des richesses considérables, et vous régnez sur un peuple nombreux ; mais je ne puis répondre à votre question que je ne sache si vous avez fini vos jours dans la prospérité ; car l'homme comblé de richesses n'est pas plus heureux que celui qui n'a que le simple nécessaire, à moins que la fortune ne l'accompagne, et que, jouissant de toutes sortes de biens, il ne termine heureusement sa carrière. Rien de plus commun que le malheur dans l'opulence, et le bonheur dans la médiocrité. Un homme puissamment riche, mais malheureux, n'a que deux avantages sur celui qui a du bonheur ; mais celui-ci en a un grand nombre sur le riche malheureux.
L'homme riche est plus en état de contenter ses désirs et de supporter de grandes pertes ; mais, si l'autre ne peut soutenir de grandes pertes ni satisfaire ses désirs, son bonheur le met à couvert des uns et des autres, et en cela il l'emporte sur le riche. D'ailleurs il a l'usage de tous ses membres, il jouit d'une bonne santé, il n'éprouve aucun malheur, il est beau, et heureux en enfants. Si à tous ces avantages vous ajoutez celui d'une belle mort, c'est cet homme-là que vous cherchez, c'est lui qui mérite d'être appelé heureux. Mais, avant sa mort, suspendez votre jugement, ne lui donnez point ce nom ; dites seulement qu'il est fortuné. Il est impossible qu'un homme réunisse tous ces avantages, de même qu'il n'y a point de pays qui se suffise, et qui renferme tous les biens : car, si un pays en a quelques-uns, il est privé de quelques autres ; le meilleur est celui qui en a le plus. Il en est ainsi de l'homme : il n'y en a pas un qui se suffise à lui-même : s'il possède quelques avantages, d'autres lui manquent. Celui qui en réunit un plus grand nombre, qui les conserve jusqu'à la fin de ses jours, et sort ensuite tranquillement de cette vie ; celui-là, seigneur, mérite, à mon avis, d'être appelé heureux. Il faut considérer la fin de toutes choses, et voir quelle en sera l'issue ; car il arrive que Dieu, après avoir fait entrevoir la félicité à quelques hommes, la détruit souvent radicalement.»
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LXXXVI. A la prise de Sardes les Perses ajoutèrent
celle de Crésus, qui tomba vif entre leurs mains. Il avait régné quatorze ans,
soutenu un siège d'autant de jours, et, conformément à l'oracle, détruit son
grand empire. Les Perses qui l'avaient fait prisonnier le menèrent à Cyrus.
Celui-ci le fit monter, chargé de fers, et entouré de quatorze jeunes Lydiens,
sur un grand bûcher dressé exprès, soit pour sacrifier à quelques dieux ces
prémices de la victoire, soit pour accomplir un voeu, soit enfin pour éprouver
si Crésus, dont ou vantait la piété, serait garanti des flammes par quelque
divinité. Ce fut ainsi, dit-on, qu'il le traita. Crésus, sur le bûcher, malgré
son accablement et l'excès de sa douleur, se rappela ces paroles de Solon, que
nul homme ne peut se dire heureux tant qu'il respire encore; et il lui vint à
l'esprit que ce n'était pas sans la permission des dieux que ce sage les avait
proférées. On assure qu'à cette pensée, revenu à lui-même, il sortit par un
profond soupir du long silence qu'il avait gardé, et s'écria par trois fois : «
Solon ! » que Cyrus, frappé de ce nom, lui fit demander par ses interprètes
quel était celui qu'il invoquait. Ils s'approchent, et l'interrogent. Crésus,
d'abord, ne répondit pas ; forcé de parler, il dit : « C'est un homme dont je
préférerais l'entretien aux richesses de tous les rois. » Ce discours leur
paraissant obscur, ils l'interrogèrent de nouveau. Vaincu par l'importunité de
leurs prières, il répondit qu'autrefois Solon d'Athènes était venu à sa cour;
qu'ayant contemplé toutes ses richesses, il n'en avait fait aucun cas; que tout
ce qu'il lui avait dit se trouvait confirmé par l'événement, et que les
avertissements de ce philosophe ne le regardaient pas plus lui en particulier,
que tous les hommes en général, et principalement ceux qui se croyaient
heureux. Ainsi parla Crésus. Le feu était déjà allumé, et le bûcher
s'enflammait par les extrémités. Cyrus, apprenant de ses interprètes la réponse
de ce prince, se repent ; il songe qu'il est homme, et que cependant il fait
brûler un homme qui n'avait pas été moins heureux que lui. D'ailleurs il
redoute la vengeance des dieux, et, réfléchissant sur l'instabilité des choses
humaines, il ordonne d'éteindre promptement le bûcher, et d'en faire descendre
Crésus, ainsi que ses compagnons d'infortune ; mais les plus grands efforts ne
purent surmonter la violence des flammes.
LXXXVII. Alors Crésus, comme le disent les Lydiens
instruit du changement de Cyrus à la vue de cette foule empressée à éteindre le
feu sans pouvoir y réussir, implore à grands cris Apollon ; le conjure, si ses
offrandes lui ont été agréables, de le secourir, de le sauver d'un péril si
pressant. Ces prières étaient accompagnées de larmes. Soudain, au milieu d'un
ciel pur et serein, des nuages se rassemblent, un orage crève, une pluie
abondante éteint le bûcher. Ce prodige apprit à Cyrus combien Crésus était cher
aux dieux par sa vertu. Il le fait descendre du bûcher, et lui dit : « O Crésus
! quel homme vous a conseillé d'entrer sur mes terres avec une armée, et de
vous déclarer mon ennemi au lieu d'être mon ami ? - Votre heureux destin et mon
infortune m'ont jeté, seigneur, dans cette malheureuse entreprise. Le dieu des
Grecs en est la cause ; lui seul m'a persuadé de vous attaquer. Eh ! quel est
l'homme assez insensé pour préférer la guerre à la paix ? Dans la paix, les
enfants ferment les yeux à leurs pères ; dans la guerre, les pères enterrent
leurs enfants. Mais enfin il a plu aux dieux que les choses se passassent de la
sorte.»
LXXXVI
Creso, na pira, apesar do seu abatimento e do
excesso da sua dor, lembrou-se destas palavras de Sólon, que nenhum homem se
pode dizer feliz enquanto ainda respira; e veio-lhe à mente que não tinha sido
sem a permissão dos deuses que este sábio as tinha proferido. Afirma-se que com
este pensamento, caindo em si, saiu por um profundo suspiro do longo silêncio
que tinha mantido, e exclamou três vezes: «Sólon!» e Ciro, tocado por este
nome, mandou-lhe perguntar pelos seus intérpretes quem era aquele que invocava.
Aproximam-se e interrogam-no. Creso, ao princípio, não responde; obrigado a
falar, diz: «É um homem a quem eu preferiria o convívio às riquezas de todos os
reis.» Este discurso pareceu-lhe obscuro, interrogaram-no de novo. Vencido
pelos seus pedidos importunos, respondeu que noutro tempo Sólon de Atenas tinha
vindo à sua corte; que tendo contemplado todas as suas riquezas, não tinha
feito caso delas; que tudo o que lhe tinha dito se achava confirmado pelo
acontecido e que as advertências deste filósofo não lhe diziam mais respeito a
ele em particular, que a todos os homens em geral, e principalmente aos que se
criam felizes. Assim falou Creso. O fogo já estava ateado e a pira inflamava-se
pelas extremidades. Ciro, ciente pelos seus intérpretes da resposta deste
príncipe, arrepende-se; pensa que é homem e que entretanto faz queimar um homem
que não tinha sido menos feliz do que ele. De resto receia a vingança dos
deuses e, reflectindo sobre a instabilidade das coisas humanas, manda apagar
prontamente a pira e fazer descer dela Creso, bem como os seus companheiros de
infortúnio; todavia, os maiores esforços não conseguiram dominar a violência
das chamas.
LXXXVII. Então, Creso, como dizem os Lídios,
sabedor da mudança de Ciro à vista desta multidão na azáfama de extinguir o
fogo sem o conseguir, implora a Apolo em grandes gritos; roga-lhe, se as suas
oferendas lhe foram agradáveis, que o socorra, o salve de um perigo tão
premente. Estas súplicas eram acompanhadas de lágrimas. De repente, no meio de
um céu puro e sereno, juntam-se nuvens, estoira uma trovoada, uma chuva a
cântaros extingue a fogueira. Este prodígio ensinou a Ciro quanto Creso era
querido dos deuses pela sua virtude. Fá-lo descer da pira e diz-lhe: «Ó Creso! Que
homem vos aconselhou a entrar nas minhas terras com um exército e a declarar-vos
meu inimigo em vez de serdes meu amigo? — O vosso destino feliz e o meu
infortúnio lançaram-me, senhor, nesta infeliz empresa. A causa disto é o deus
dos Gregos; ele só me convenceu a atacar-vos. Eh! Qual é o homem insensato a
ponto de preferir a guerra à paz? Na paz, os filhos fecham os olhos aos pais;
na guerra, os pais enterram os filhos. Mas, enfim, prouve aos deuses que as coisas
se passassem desta maneira.»